Chant et langues étrangères

5 décembre 2018 0 Par admin3155

De nos jours, chanter en langue étrangère est de plus en plus fréquent.

En effet, grâce à la technologie, nous sommes informées de l’actualité musicale et cinématographique d’autres pays. C’est alors que nous percevons les sons et la

mélodie d’une chanson qui ne cesse de jouer dans notre radio intérieure.

Qui n’a jamais fredonné la bande originale de « Titanic » ou d’un James Bond ou « talons aiguilles » ?

Le chant occupe désormais une place importante dans l’enseignement des langues étrangères. Si nous prenons le temps de feuilleter un manuel scolaire, nous pouvons constater qu’il regorge de chansons très simples à retenir.

De même qu’actuellement, nous entendons beaucoup de chanteurs interpréter des chansons ou reprendre leurs titres en langues étrangères pour différentes raisons.

Autrement dit, chanter dans une autre langue est devenu une habitude pour tous les chanteurs.

Donc, si vous souhaitez en savoir davantage sur la place du chant dans l’apprentissage d’une langue étrangère et sur le rôle du coach vocal dans l’interprétation d’un morceau dans une autre langue, vous êtes cordialement invité à poursuivre la lecture de cet article.

 

Depuis quelques années, les chansons en langues étrangères deviennent un outil pédagogique incontournable. A l’instar des professeurs, les concepteurs de manuel scolaire sont conscients de l’effet bénéfique de la musique dans l’apprentissage d’une langue. Combien de fois avons-nous demandé à nos professeurs de nous aider à comprendre les paroles d’une chanson qui nous tient à cœur ? Je l’ignore.

Lorsqu’on chante, on reproduit une mélodie et on enchaîne des sons. C’est une façon de s’ouvrir à une autre langue, de s’en imprégner et de la comprendre. Chaque langue a sa propre réalité linguistique : elle a ses propres sons qui s’enchaînent de façon très particulière.

Par exemple, si nous écoutons le chinois ou le vietnamien, nous nous apercevons qu’elles contiennent des sons qu’un natif français ou autre aura du mal à reproduire spontanément car, en plus d’être nasales, elles sollicitent d’autres parties de lappareil vocal qui ne sont pas l’objet de cet article.

Actuellement, des chanteurs de tout âge choisissent de chanter en anglais. Nous savons que ce choix n’est pas seulement commercial mais également technique. En anglais, nous sommes plus ouverts et plus dynamique.

Avant tout, je tiens à préciser qu’en chant, nous parlons seulement de phonétique : nous allons donc nous intéresser aux propriétés physiques articulatoires des sons.

Pour éviter le surplus d’informations, je ne décrirai pas le fonctionnement de la voix humaine dans cet article mais vous trouverez une petite vidéo ici :

Comme vous l’aurez compris, les vibrations des cordes vocales sont amplifiées par nos résonateurs (qui sont les cavités que traverse l’air) et sculptées par nos articulateurs (la langues, les lèvres, les dents, la mâchoire, le palais, le voile du palais, ce qui nous permet de parler).

Dans la liste ci-dessus, il faut dissocier les articulateurs qui sont mobiles (les lèvres, la langue et la mâchoire) des points d’articulation (les dents et le palais dur.

Ensuite, il convient de préciser que, si les voyelles nous permettent d’homogénéiser le timbre vocal en modulant ou en mobilisant nos résonateurs, les consonnes nous permettent de produire des sons voisés et non voisés en obstruant totalement ou partiellement le passage de l’air.

Le tableau joint à cet article vous permettra de comprendre le couple de consonnes voisées/non voisées.

Après ces notions de culture générale, parlons maintenant du rôle du coach vocal.

Si votre coach vocal connaît son travail, il vous aidera non seulement à mobiliser vos résonateurs pour homogénéiser votre timbre vocal mais aussi à prendre conscience de vos points d’articulation. Par exemple, il vous demandera

  • quelle partie de votre appareil vocal bouge et sur quoi elle prend appui pour former le /d/, le /s/ le /p/, le /l/, le /t/.
  • Quelles sont les consonnes où l’on entend du son ?
  • Y a-t-il une consonne qui demande un peu plus d’appui ?
  • Y a-t-il moyen d’alléger cet appui ?

Ces questions générales, posées par le ou la coach vocal, aident l’élève à découvrir son appareil vocal et à en prendre conscience pour se l’approprier. Mais le rôle du ou de la coach vocal va plus loin.

Comme nous l’avons précisé dans l’introduction de cet article, chanter dans les langues étrangères devient une tendance.

Le travail du ou de la coach vocal se complique s’il ou elle ne maîtrise pas la langue de la chanson concernée.

Alors, qu’est-il possible de faire pour aider cet élève à s’approprier une chanson dont le professeur de chant ne comprend pas la langue ?

  • On peut décider d’accorder toute notre confiance à l’élève s’il ou elle maîtrise la langue mais ce n’est pas toujours le cas. De nos jours, les langues vivantes enseignées en collège lycée ne sont pas maîtrisée
  • s
  • Chercher la chanson en question chantée par un natif ou un chanteur qui maîtrise la langue source couramment ;
  • Ecouter l’homogénéisation du timbre, les points d’appui, les reproduire pour être sûr d’obtenir le même résultat ;
  • Ou alors, chercher une personne qui peut nous lire les paroles de la chanson en question avec un bon accent et tendre l’oreille ;
  • Observer l’absence ou la présence de son nasal ou autre ;
  • Ecouter les changements du timbre opérés par les différents mots ;
  • Observer les changements de point d’articulation lorsqu’une consonne se trouve entre deux voyelles. Il est parfois possible d’avoir un /n/ en arrière lorsqu’il se trouve entre deux /è/ dans certaines langues ;
  • Observer le visage du chanteur natif.

En tant qu’hispanophone, je peux vous dire que le son nasal et les sons gutturaux sont extrêmement difficiles à reproduire pour les Espagnols car ils ne font pas parti de leur réalité linguistique.

Alors, on les accompagne dans la prise de conscience du mouvement de l’appareil vocal.

 

Nous savons que le chant favorise l’apprentissage des langues étrangères car, nous écoutons, nous reproduisons les sons inconnus ainsi que la mélodie, nous nous entraînons à enchaîner ces sons pour, enfin, véhiculer un message et transmettre une émotion.

Même si cela demande un travail considérable, le ou la coach vocal doit aussi se mettre en situation d’apprentissage et reproduire les sons qu’il ou elle n’a jamais osé produire. Le « ridicule » est un excellent terrain d’exploration et ça, nous ne l’ignorons pas.